Une histoire, une vie

Il y a un peu plus de quatre ans, c’était en mai 2013, j’ai publié un ouvrage « Une histoire, une vie » : ce livre que j’ai écrit m’a permis d’expliquer mon parcours depuis mon enfance… jusqu’à « l’appel de l’Inde » que je vis encore en 2017 et depuis la fin des années 1990.

Dans l’intervalle, je raconte mon évolution personnelle dans la société, mais je fais également part des doutes qui ont été les miens, des épreuves que j’ai traversées, des bonheurs que j’ai connus… A l’âge de 52 ans, j’ai décidé de tout quitter puis, plus tard, de monter un projet fou en Andhra Pradesh, un état du sud de l’Inde.

C’est par hasard (un hasard qui n’existe d’ailleurs pas !) que M. Bruno Blaise m’a fait part de son projet de rédiger  un résumé de mon livre (voir texte ci-dessous) dans une version numérique d’une trentaine de pages, la version complète comportant plus de 300 pages.

J’ai le plaisir de mettre à votre disposition, sur mon blog, le résumé de ce livre, qui vous donnera un aperçu de l’ensemble. Pour celles et ceux qui voudraient lire cet ouvrage dans son intégralité, merci de me contacter par mail (amage@club-internet.fr)

Je me ferai un plaisir de vous l’adresser et vous remettrez ce que vous pouvez à notre association en Inde, HELP INDIA, en ligne via notre site http://www.help-kavali.org

Bonne lecture.

André Mâge


UNE HISTOIRE UNE VIE

Editeur André Mâge – 2013 – 328 pages – 12 €

Autodidacte, militant de l’humanisme ? Il a baigné l’essentiel de sa vie dans le monde de l’entreprise. Las de voir les groupes, dits grands, «jouer au monopoly avec de l’argent virtuel et fermer ce qui était rentable», en 1999 il a acquis une ferme à La Rouquette. «Mais l’envie de continuer dans l’entreprise» était accrochée à ses basques. Ainsi a-t-il racheté la société Les Meringues villefranchoises qu’il boosta pendant quatre ans, avant de tourner la page et d’amorcer son implication en Inde.

Très bon livre ; à lire et à faire circuler ! Dans son livre «Une histoire, une vie», André Mâge se penche sur la construction de sa vie, depuis l’enfance heurtée et la prime jeunesse. Une construction sublimée en action sociale, politique et humaine. Le besoin agissant de réparation, pour d’autres, le sens criant de l’injustice, la perception aiguë de la solution qui soulage, n’auront de cesse de lui faire dire et surtout de faire pour réveiller l’humain si souvent endormi…Sa devise : L’Impossible comme Possible.

Après avoir milité 15 ans dans le syndicalisme et la politique, dirigé puis créé avec succès des entreprises pendant 18 ans, il monte à 52 ans «Help India Trust», association qui fonctionne comme une entreprise, en créant 2 hôpitaux et un atelier, avec un staff rémunéré de 30 personnes dont dépendent plus de 1000 personnes ; il met ainsi en place «une nouvelle économie à dimension humaine réunissant l’esprit d’entreprise et la volonté et le désir de vouloir donner via le bénévolat »

Site :http://www.help-kavali.org/  blog : http://andre-mage.com/


Table des matières

Préface…………………………………………………………………………………………………….1 

André, il était une foi……………………………………………………………………………… 2

  1. La vie et la mort : « un couple inséparable »………………………………… 2
  2. La prime enfance………………………………………………………………………… 4
  3. Période de latence………………………………………………………………………. 6
  4. Scolarité……………………………………………………………………………………… 7
  5. Pré adolescence – adolescence – service militaire…………………………7
  6. Mariage – couple – régression – progression………………………………..9
  7. Mes enfants : « un chemin d’amour…………………………………………… 11
  8. La psychanalyse : « opération à cœur ouvert sans anesthésie »…. 11
  9. 1978/1996 : de l’essai du couple à la séparation………………………….13
  10. De Suisse en Inde en passant par la France…………………………………13
  11. L’appel de l’Inde………………………………………………………………………….14
  12. La politique…………………………………………………………………………………17
  13. Le chemin spirituel, le cœur de la vie…………………………………………..18

Epilogue : Lettre à Rémi………………………………………………………………………….19

Postface……………………………………………………………………………………….……..….19

Préface Professeur Paul Smigielski, l’ami provocateur de toujours

Comment faire la préface d’un ami hors du commun ?

Je l’ai connu dans une église à Saint-Louis en Alsace. Et nous avons entrepris des actions communes avec l’APF (Association populaire familiale).

Son business déboucha en 2004 en Inde sur la connaissance des malheurs du peuple, notamment avec le sida. Sa biographie, sans langue de bois, comporte une analyse du système économique actuel. Les politiques et les financiers, surtout ceux sortant des grandes écoles, et les responsables religieux devraient le lire et l’écouter. Ce serait une bonne goutte d’eau pour changer le monde.

André, il était une foi… par Philippe Cenni

On m’avait prévenu : « Il est spécial… c’est un homme intéressant… mais spécial ».

En fait, chez cet homme, tout est spécial, son enfance, son parcours, son chemin de vie, son action, parfois ses analyses et ses certitudes… Mais je crois quand même que le terme « atypique » lui convient encore mieux.

Bien que ne possédant guère de points communs avec lui, étant même aux antipodes de son fonctionnement, j’ai collaboré très modestement à la réalisation de cet ouvrage.

Je l’ai vu, au fil des mois, se dévoiler petit à petit au fil des chapitres qu’il m’envoyait à corriger.

Il souhaitait qu’à un moment donné je me rende en Inde, auprès de lui, afin de  « m’imprégner » de son quotidien à Kavali.

Il m’a fait l’honneur de me réserver un espace dans cet ouvrage, me demandant de faire part de mon ressenti sur cette expérience indienne.

Je ne peux qu’être admiratif sur le parcours de cet homme hors du commun ayant décidé, un jour, de lâcher un monde dans lequel il ne se retrouvait plus pour aller « là-bas », aider ceux qui en ont le plus besoin.

En plein cœur de la misère la plus terrible qui soit, au milieu de ces malades du sida qui le regardent tel un « guru », un dieu, il multiplie les miracles quotidiens. André n’est jamais aussi heureux que lorsqu’il reçoit le sourire de l’un de ses patients.

Enfin, j’ai été impressionné par sa culture. Autodidacte surdoué, il possède incontestablement une capacité d’apprendre au-dessus de la moyenne.

À Philippe,

Merci de m’avoir soutenu pour la réalisation de ce travail. Il en faut du courage pour accompagner le « pas facile » que je suis. Vous avez su le faire avec tact, professionnalisme, psychologie, et avec une dose de formation en amitié. N’est-ce pas ainsi que le monde devient un peu plus à visage humain par le partage ?

Merci Philippe de m’avoir supporté et porté dans ce projet.

André Mâge, le 19 février 2013

1. La vie et la mort : « un couple inséparable »

J’ai toujours pensé qu’écrire était une façon de soigner et d’entretenir l’ego. Socrate, Jésus et d’autres n’ont jamais écrit, ils ont vécu leur vie en actes et elle est devenue un témoignage, transcrit par d’autres.

J’ai 65 ans, un âge où l’on sait que le chemin devant soi n’est plus très long et que l’essentiel est derrière soi.

Je dois vous avouer que, même en écrivant, je vis cela comme un combat intérieur non résolu, une dualité. Soutenu par de nombreux amis, j’ai accepté, comme le dit René Char, « d’aller vers mon risque ».

Si je ne devais retenir qu’un seul élément m’ayant convaincu de transmettre mon parcours, c’est bien le sentiment profond d’avoir vécu un chemin d’exception.

Dans notre monde, tout oscille entre deux extrêmes, la vie et la mort, Éros et Thanatos. C’est l’idée de la mort qui nous fait remplir notre vie, en bien et en mal. Mourir est le but de toute vie, même si notre inconscient nous croit éternel.

Aucun scientifique n’a jamais pu expliquer d’où vient la vie et ce qui se passe après la mort. Nous nous trouvons face à notre mystère, d’exister et de mourir.

Nous n’avons pas souhaité vivre et venir au monde. En revanche, étant en vie, nous pouvons agir sur notre mort… et par conséquent sur notre vie.

C’est à nous, dès notre conception, d’intégrer nos héritages au mieux de nos intérêts pour une vie la meilleure possible.

Nous pouvons affirmer deux choses :

. Nous n’avons aucune prise sur notre venue au monde, sur notre héritage. Nous avons prise sur l’intégration de cet héritage, mais n’en possédons aucune sur le « comment ? », le « où ? », et le « avec quoi ? »

. Toute notre vie les instincts de vie et de mort vont se côtoyer, pour le meilleur et le pire. Le hasard, un mot auquel je ne crois pas du tout, a voulu que je sois né à Vesoul le 17 mai 1947. Jacques Brel chantait « T’a voulu voir Vesoul et on a vu Vesoul… », Voulant dire « Il n’y a rien à voir et t’as voulu le voir, je t’ai fait voir tout ce que tu voulais voir, même où il n’y a rien à voir… »… ainsi peut-on résumer ce qu’est Vesoul !

Très tôt, j’ai quitté Vesoul pour ne jamais y revenir parce que cette campagne offrait peu de possibilités et d’espaces vitaux. Mais il fallait que je me sauve de ce lieu qui exprimait trop de souffrance vécue, pour survivre.

Je n’ai connu mon père qu’à travers l’alcoolisme qui marquera toute ma famille. Se construire relève d’un exploit, d’un défi.

Après ma sœur aînée de 2 ans, je fus suivi de 2 sœurs et de 2 frères.

Ma mère a conçu une demi-sœur, de 13 ans mon aînée, à l’âge de 18 ans, avant de connaître mon père. Elle mourra d’une fin tragique, dans un accident de voiture, à 25 ans, mère de 2 enfants. Ma mère ne se remettra jamais de cette mort tragique.

Mon papa, prénommé André, est né à Vesoul en 1918 dans une famille bourgeoise.

Lorsque j’essaie de mettre des raisons sur la coupure de mon père avec ses frères et sœurs, la première qui m’a été rapportée a été que mon père ait osé vivre, et plus tard se marier, avec la roturière qu’était ma maman aux yeux de sa famille. Jamais mon père ne nous a parlé de son enfance, de son contact avec sa fratrie. Avant de rencontrer ma mère, qui deviendra sa femme, il s’est engagé dans la marine 5 ans.

Il ne fait aucun doute que mon propre itinéraire, provient de cet engagement de mon père et de sa fierté à avoir autant voyagé.

Après le baccalauréat, il envisageait d’entrer au séminaire. Ce que, moi-même, j’ai également envisagé plus tard, tout comme j’ai aussi songé à intégrer l’armée. A 15 ans, j’ai choisi d’entrer à la SNCF, ce qui n’était pas si éloigné de l’armée. Un bateau, un train ou un avion sont toujours en errance, sans jamais se fixer. Ce sera un peu le fil rouge de ma vie, mais une errance que je saurai m’approprier pour en faire un peu de positif.

De mon enfance, mis à part quelques moments privilégiés que je conserve avec précaution, je ne garde de mon papa que l’image d’un homme rentrant tard, soul, repartant le matin et toujours absent du domicile. Il me reste surtout les images des disputes, des bagarres entre mon père et ma mère, les angoisses que je partageais le soir avec mes frères et sœurs.

Plus tard, il travailla dans une usine d’où il fut renvoyé pour des raisons liées à l’alcool. Puis il devint le « buandier » d’un hospice, chargé de laver le linge.

Ma maman est née en 1916 dans un petit village au nord de Strasbourg. Que voulait-elle chercher en renouvelant le traumatisme qu’elle avait vécu avec son propre père ? Vouloir le changer ? Vouloir se venger ?

Ma mère fut donc orpheline très jeune de sa maman à qui elle vouait un amour sans partage. Après sa mort, elle s’occupa de son papa et de ses frères et sœurs. Malgré son jeune âge, elle dut assumer les lourds travaux habituellement dévolus à la maman. En outre, son papa devenait de plus en plus dépendant de l’alcool et violent. Elle décida alors de quitter le foyer de se sauver alors qu’elle n’avait pas 18 ans. Elle devint ensuite une « bonne à tout faire », dans des maisons et des hôtels en Alsace. Un chemin de survie, fuir pour survivre, ce que, peut-être plus tard, je ferai aussi à ma façon.

Ma mère fut ensuite serveuse au « Café Restaurant des Deux Gares » à Vesoul. Dans cette brasserie de jeunes « dandies » elle rencontra mon père qui y avait établi son  « quartier général ». Un point commun les réunissait déjà, ils étaient dans la même situation, séparés et coupés de leur famille d’origine.

Mon père et ma mère vont ainsi s’aimer avec passion. Mon père alla à l’encontre des souhaits de toute sa famille qui lui avait « arrangé » un mariage avec une jeune femme de bonne famille mais qu’il quitta le lendemain de son mariage ! Cet « événement » entraîna toutefois une grande déception pour ma mère, très croyante, car celle-ci ne put se marier à l’église en raison de ce premier mariage.

Plus tard, le couple et l’enfant déménagèrent dans un logement 54 rue Jean-Jaurès. Là encore, quel signe pour moi qui serai un militant et un homme de gauche très jeune !

Cette adresse resta le lieu familial jusqu’à la mort de mon père en 1980.

Lorsque j’entends Hugues Auffray chanter Céline, je ne peux m’empêcher de verser une larme en pensant à ma sœur qui s’est tant donnée pour ses frères et sœurs et pour moi-même.

J’ai dû comme ainé remplacer le père défaillant, poussé par ma mère.

Pourquoi sommes-nous inégaux devant la vie ? Pourquoi, avec des conditions en apparence similaires, certains arrivent à s’en sortir plus ou moins bien et d’autres pas, voir ne s’en sortent pas du tout et sombrent ?

Je vais essayer d’y apporter mes réponses par le témoignage de ma vie, par ce que j’ai vécu, combattu, fait de mal, fait de bien, aimé, haï…. Avec ce petit espoir que cela puisse, quelles que soient les passages sombres que j’ai traversés, donner à certains l’espérance, la même espérance qui m’a toujours porté.

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