Le drame des migrants en Méditerranée

Ils sont des milliers, voire des millions, à nos portes. Ils se trouvent le plus souvent au bord de la Méditerranée du nord de l’Afrique, à quelques heures de bateau des plages que nous allons utiliser durant juillet/août/septembre pour nos vacances.

Essayons d’imaginer, lorsque nous serons en vacances, tous ces peuples martyrs, le plus souvent issus de nos politiques occidentales depuis des décennies, que ce soit lors des colonisations qui ne visaient qu’à récupérer les richesses ou que ce soit maintenant, pour «  conserver ces mêmes richesses »  d’une façon ou d’une autre, à commencer par le pétrole.

Si tous les bateaux de plaisance du bassin méditerranéen se mettaient en route pour sauver ces personnes, combien de vies sauverions-nous ?
Si tous les bateaux de plaisance du bassin méditerranéen se mettaient en route pour sauver ces personnes, combien de vies sauverions-nous ?

De nombreux conflits meurtriers sont la conséquence de nos ambitions occidentales qui ne tiennent pas compte de la déshumanisation de nos attitudes à prendre la richesse de ces pays sans nous soucier du devenir des peuples.

On me reproche souvent de culpabiliser… Le sentiment de culpabilité n’est-il pas le sentiment qui, si on essaie de le comprendre et de travailler dessus, peut être le levier d’une prise de conscience à nous mettre debouts, à ne pas faire le sourd et se mettre en route pour sauver nos frères et sœurs  en humanité et, ainsi, sauver notre humanité ?

Il faut réveiller les consciences profondes, sinon les drames seront inévitables et ces peuples que nous spolions depuis tant d’années viendront, par tous les moyens, chercher de quoi vivre, au risque de leur vie.

Des pères, des mères «  jettent » leurs jeunes enfants sur des bateaux de fortune, espérant ainsi les sauver de la mort ! L’énergie du désespoir.

Nous n’avons pas le droit de ne pas savoir, nous n’avons pas le droit de faire comme si nous ne savions pas, il n’est rien de pire que de savoir et de ne rien faire.

Les bateaux de plaisance se trouvent souvent à seulement une heure ou deux des drames en Méditerranée...
Les bateaux de plaisance se trouvent souvent à seulement une heure ou deux des drames en Méditerranée…

Alors, si vous êtes en vacances au bord de ce bassin méditerranéen, c’est un devoir que de savoir qu’à quelques heures du lieu de vos vacances, des enfants, des femmes, des hommes jouent leurs vies sous nos yeux.

Et savoir, c’est déjà le devoir de se poser la question : que dois-je faire pour que cette situation inacceptable et inhumaine ne continue pas ainsi ?

Si nous ne faisons rien et continuons de faire «  l’autruche » en nous repliant, en nous refermant sur nos acquits, souvent artificiels, alors les pires situations sont à venir et ce sont nos enfants qui paieront le prix de nos irresponsabilités. Nous aurons contribué à créer le chaos qui se voit déjà.

Et tant pis si je culpabilise ! Que ce sentiment, si vous l’éprouviez, vous aide à vous poser cette seule question…

Pourquoi j’éprouve de la culpabilité ?

Les bonnes réponses viendront d’elles mêmes.

Cordialement

André Mâge

5 thoughts on “Le drame des migrants en Méditerranée

  1. Je ne suis pas d’accord sur la culpabilité. Il y a longtemps que j’ai rejeté ce dogme bien chrétien. Par contre oui je partage ce sentiment de RESPONSABILITE que vous semblez quand même avoir. Le pillage des biens d’autrui n’est plus tout à fait le sujet ¥sauf peut être en Lybie) N’oublions pas que nos économies dites avancées dont nous sommes 9nt besoin de main d’oeuvre
    Ceci n’est qùn début de réponse
    Amicalement
    Louis Didier

  2. Merci Louis pour votre intervention.

    Il va de soi que je ne parle pas de la mauvaise culpabilité judéo-chrétienne mais de la culpabilité inconsciente inhérente à tout homme et qui est le plus souvent refoulée pour ne pas se déranger. Apprendre à conscientiser nos fautes et nos erreurs est le meilleur chemin d’un monde plus juste.

    Je ne me sens pas  » quand même responsable  » mais me sens pleinement co-responsable, c’est pourquoi je suis engagé à un niveau international pour équilibrer les avoirs.

    Quand à ce que nous pillons, il suffit de voir la politique en Afrique, où nous ne sommes certainement pas présents pour les droits de l’homme mais bien pour les biens que nous tenons à contrôler, comme c’est aussi le cas en RDC ou Afghanistan, le plus fort conflit depuis la dernière guerre mondiale qui a fait des millions de morts uniquement pour la richesse de son sous sol…et çà continue.

    Je vous rappelle les chiffres reconnus par la conférence des RICHES de Davos , 20 % ( dont nous faisons partie ) consomment 80 % des richesses de la terre, ne laissant que les 20 % aux 80 % de nos frères et sœurs en humanité et 1 % de la population mondiale possède 99 % des richesses de la planète , 67 personnes possèdent autant que la moitié de la population mondiale, n’est ce pas du  » pillage  » ? mot bien faible pour expliquer ce fossé qui est suicidaire.

    Quand aux 250 millions de migrants dans le monde , propos de mon texte, si nous ne recevons pas de manière raisonnée ces pauvres errants, le plus souvent de notre faute, alors le pire ira en s’accélérant…

    Nous pourrons invoquer tous les dieux que nous voulons ce ne sera qu’un fait HUMAIN ou les inégalités sont les fossés que nous creusons tous les jours un peu plus.

    Cordialement
    André

  3. tot à fait d’accord avec ,il suffirait juste de tendre la main et de partager la terre est assez grande pour tous si chacun y met du sien

  4.  » Que nul, étant jeune, ne tarde à philosopher, ni, vieux, ne se lasse de la philosophie. Car il n’est, pour personne, ni trop tôt ni trop tard, pour assurer la santé de l’âme. » – Épicure.

    Si tu le permets sur ton blog, je voudrais me permettre (puisque, d’après Epicure, j’ai l’âge !!!), de philosopher.

    J’entends et je partage tes propos, au fil des articles que je découvre, mais certaines phrases, pour le coup, m’interpellent!
    Tu as écrit par exemple celle-ci (ton article précédant) : « L’homme est fait de BIEN et de MAL et nous avons toutes et tous à gérer ce MAL en nous pour faire émerger le BIEN qui est en nous. »

    Je rebondis sur cette phrase … Parce que je ne suis pas d’accord !

    « Dieu a fait l’homme, à son image et selon sa ressemblance », écrivais-je ici. Or, Dieu est bon par Nature.
    (Je mets un  » N  » en majuscule à « Nature  » parce que j’aime bien Spinoza qui, lui aussi met une majuscule à « Nature » en distinguant la « Nature naturante » (en fait, Dieu, pour ceux qui y croient et, peu importe comment ils l’appellent) , de la « Nature naturée » (le monde dans lequel on vit).

    En réalité, L’homme est fait de BIEN, pas « de BIEN et de MAL », comme tu l’écris.
    Ce qui existe, c’est le Bien. Et c’est tout.
    Parce que Dieu est bon. Et ça, ça ne se discute pas !
    Le reste, ce que l’on voit dans ce bas monde, c’est l’absence de Bien. Parce que les hommes dressent des écrans et s’éloignent de la Lumière. Mais ce que tu nommes « le Mal » n’existe pas en réalité.

    Explications…
    On oppose souvent l’ombre à la lumière, le froid au chaud, et puis ensuite, le bien au mal, justifiant ainsi une dualité dans le monde. Or, je ne crois pas à cette dualité. Nous sommes en réalité dans une non-dualité. Je rejoins là d’ailleurs, avec Spinoza, un précurseur en Occident, les philosophies hindouistes, bouddhistes, taoïstes ou souffistes.

    L’ombre et la lumière…
    Ce qui existe, c’est la lumière. Et c’est tout. L’ombre en tant que telle n’existe pas et c’est une illusion que de croire qu’elle existe comme une réalité tangible.
    L’ombre se construit par un écran qui cache la lumière. La pénombre, l’ombre, la nuit noire…, ne sont que des variations dans l’absence de lumière. L’ombre en tant que telle n’existe pas, elle n’est pas palpable, matérielle, même d’un point de vue atomique.
    Ce que nous appelons « l’ombre», c’est en fait l’absence de lumière.

    Il en va de même pour le froid et le chaud.
    Ce qui existe, c’est la chaleur, c’est à dire, un certain degré d’agitation des atomes constituant les molécules. Pour n’importe quel corps, plus les atomes s’agitent, plus la chaleur monte, de l’état solide à l’état liquide, jusqu’à l’état gazeux, puis à l’état de plasma, et là, il n’y a pas de limite dans la chaleur!
    A l’inverse, ce que nous appelons « le froid » c’est en fait le ralentissement du mouvement des atomes, …jusqu’à l’immobilité, le Zéro absolu.
    Bref, à partir de ce Zéro absolu, l’immobilité totale, donc l’absence totale de chaleur, la seule chose qui puisse exister, c’est le mouvement, l’énergie, donc, la chaleur… Là encore, ce que nous appelons « le froid » n’existe pas en réalité.
    Ce que nous appelons « le froid », c’est en fait l’absence relative de mouvement, donc de chaleur.

    De la même façon, il ne me semble pas exact que de dire : « L’homme est fait de BIEN et de MAL ». Non !
    L’homme est fait de BIEN. Et c’est tout !
    Ce que nous appelons le «MAL», c’est en fait l’absence de BIEN.
    Et de la même façon que l’ombre n’est qu’absence de lumière, le froid n’est qu’absence de chaleur, c’est cette absence de Bien qu’il nous faut combler.

    Pour cela, il nous faut cultiver le Bien qui est en chacun d’entre nous. Et je doute que ce soit avec les passions et les sentiments que l’on puisse le faire. Les sentiments et les passions nous aveuglent, elles nous mènent à des errances, des illusions, du faux réel. Ainsi, pour moi, le sentiment de culpabilité n’est pas une bonne conseillère.

    L’homme est fait pour vivre en société, il nous faut échanger, partager, comprendre (com-prendre, prendre ensemble).

    Cultiver le bien qui est en chacun d’entre nous, disais-je ? … C’est exactement ce que tu incites à faire à travers ton blog ! Pour cela, mille fois merci!

    Il me fait plaisir de te lire !

    Simon

    PS: Je sais, il y a une situation d’urgence… Excuse-moi si mes propos t’ont semblé futiles ou hors sujet dans ce cadre.

    1. Merci Simon pour ce riche partage.

      Mes connaissances philosophiques sont trop limitées pour échanger sur ce sujet.

      Le Bien / Le Mal / La Culpabilité ?

      Tu te situes surtout par rapport à une croyance religieuse qui semble te dire qu’il n’y aurait que Le Bien.

      Dans mon propos je situe mon intervention à partir des sciences humaines et sociales.

      Nous sommes toutes et tous, plus ou moins des névrosés.

      Après vingt d’analyse freudienne j’ai pu toucher au fond de moi, le mal, le bien et les sentiments de culpabilité refoulés par ma construction personnelle, autant de résistances à lever pour aller plus loin, et le combat ne s’arrête jamais, il durera jusqu’à la mort, jusque sur l’autre côté de la rive….croyant ou non croyant.

      Il m’arrive souvent de rêver que si le monde entier , par magie, avait quelques pourcentages de plus de conscient nous basculerions vite dans un Mieux certain.

      Sur le plan religieux toutes les religions « naviguent » à leur façon entre ces notions de bien et de mal: chez les chrétiens Le Mal se nomme Satan…le combat que mène Jésus, relaté dans l’Évangile, à Jéricho, n’est que le combat intérieur avec lui même, et il nous montre le seul chemin pour en venir à bout LA CROIX.

      Mais qui est prêt à vivre et à subir La Croix ?

      Dans les autres religions, et même en philosophie, Le Mal porte un autre nom mais reste là, ce qui me fait croire , à tort ou à raison , qu’il y a le mal névrotique et la culpabilité refoulés en nous dans nos névroses construites tout au long de notre existence, mais je pense aussi qu’il y a en nous un MAL à l’état brut prêt à tout faire pour faire jouir notre partie qui jouit de ce MAL.

      La Perle Magnifique de Bien qui est en chaque être humain est aussi là mais aura toujours à se confronter à ce MAL qui est en nous.

      Vivant en Inde depuis plus de 15 ans j’ai cheminé longtemps sur le chemin de l’Advaita Shivaiste, ou la non dualité, tout le travail réalisé sur moi même tend à me montrer que cette non dualité, cette union parfaite ne peut se réaliser que de l’autre côté de la rive, tant qu’un gramme d’ego sera vivant il y a et il y aura dualité.

      Ce n’est qu’en passant sur l’autre rive que l’ego sera brûlé et me permettra , moi et tous d’émerger dans LA LUMIÈRE parfaite du Bien.

      Bien à toi. Merci et Cordialement

      André